RDC : entre médecine moderne et pratiques traditionnelles, le docteur Arnold Katania met en garde sur la prise en charge des fractures par les tradipraticiens
À Kinshasa, le docteur Arnold Katania, médecin résident en chirurgie et orthopédie, met en garde contre la prise en charge des fractures par certains tradipraticiens. Il rappelle qu’« une fracture est avant tout une urgence médicale » qui nécessite un diagnostic précis et une intervention adaptée afin d’éviter des séquelles irréversibles.
Selon le spécialiste, la médecine moderne repose sur des examens d’imagerie comme la radiographie ou le scanner pour classifier correctement la fracture. « Le traitement consiste à réaliser une réduction correcte et une contention adaptée, en respectant les parties molles », explique-t-il. La prise en charge peut être orthopédique (plâtre, immobilisation) ou chirurgicale par ostéosynthèse, avec pour objectif « d’assurer une stabilisation fiable du foyer fracturaire ».
À l’inverse, il souligne que certains tradipraticiens se basent uniquement sur un diagnostic clinique et utilisent « des bandages serrés, des attelles artisanales, des massages ou des plantes médicinales ». Des méthodes qui, prévient-il, exposent les patients à « des infections, des nécroses cutanées, des gangrènes, des syndromes de compression et parfois même des amputations ».
Reconnaissant la place culturelle des tradipraticiens dans la société congolaise, le Dr Katania insiste néanmoins : qu’ « une mauvaise prise en charge peut entraîner un handicap permanent. » Il appelle ainsi la population à consulter rapidement un traumatologue ou un spécialiste qualifié dès la survenue d’une fracture, afin de garantir une guérison optimale et prévenir les complications.
Jemima Mukuna