• Publié le 21 Fév. 2026
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Le retard du paiement des fonctionnaires en RDC : Pour Trésor Bondonga, cela relève de la fragilité de l'économie nationale et non du déraillement de la BCC, comme d'aucuns l'estiment

Alors que les retards de paiement des fonctionnaires alimentent grogne et incertitudes à travers la République démocratique du Congo, le débat s’intensifie sur les causes profondes de cette crise. Interrogé par echo.cd, ce samedi 21 février à Kinshasa, l’expert en gestion de la politique économique, Trésor Bondonga, écarte d’emblée la thèse d’une responsabilité exclusive de la Banque centrale du Congo et pointe plutôt des failles structurelles liées à la gouvernance, à la faible production nationale et à la dépendance excessive aux importations.

Pour l’économiste, les difficultés de paie ne relèvent pas d’abord d’un dysfonctionnement monétaire. « Du côté monétaire et financier, des efforts courageux ont été consentis, notamment pour stabiliser le taux de change et les prix », explique-t-il. Selon lui, la Banque centrale agit dans le strict cadre de ses missions : régulation du taux de change et maîtrise de l’inflation. Le véritable nœud du problème se situerait plutôt au niveau budgétaire et productif. « Notre pays ne produit pas suffisamment. Nous importons presque tout ce que nous consommons, notamment les denrées alimentaires, pour des milliards de dollars chaque année. Cette dépendance fragilise durablement notre économie », soutient-il.

Revenant sur l’histoire économique du pays, Trésor Bondonga rappelle qu’au début des années 1990, la RDC comptait près de 2 000 industries et entreprises nationales. Les pillages et les crises politiques de cette période ont provoqué la fermeture massive de ces unités de production, sans qu’une véritable politique de relance industrielle ne soit mise en œuvre par les gouvernements successifs. « L’investissement intérieur est aujourd’hui marginal. Nous misons davantage sur les investissements directs étrangers, alors que l’effort national reste faible », regrette-t-il, estimant que cette absence de base productive solide empêche toute solution durable au problème de la paie des agents publics.

S’il refuse de « condamner » frontalement le gouvernement, l’expert appelle néanmoins à des réformes structurelles urgentes : respect effectif de l’indépendance de la Banque centrale consacrée depuis 2005, limitation des interférences budgétaires, relance des investissements locaux et réduction progressive des importations. « Parler de la paie des fonctionnaires, ce n’est pas seulement parler de monnaie. C’est parler de stabilité économique à long terme. Tant que nous ne renforcerons pas notre production et notre capacité d’investissement, notre monnaie restera sous pression et les finances publiques vulnérables », conclut-il.

Exauce Lompema