Insécurité dans l’Est de la RDC : « des points communs existent avec ce qui a conduit à l’implosion du Soudan », Joseph Kabila alerte sur la “soudanisation”
Depuis Goma ville sous occupation des rebelles de l’AFC-M23 soutenus par l'armée rwandaise, l’ancien président de la république démocratique du Congo, Joseph Kabila a accordé vendredi 20 mars une interview à la Libre Belgique, rompant ainsi un long silence dans un contexte marqué par l’insécurité persistante à l’Est du pays et les tensions politiques à Kinshasa. Il affirme que sa présence dans la ville n’a rien de stratégique ni de militaire. « Goma, c’est chez moi (…) je suis en droit d’être en contact et de parler avec tous les Congolais », déclare-t-il, rejetant toute association avec des groupes armés et évoquant une « mission » orientée vers la cohésion nationale et la paix.
Au cours de cet entretien, l’ancien chef de l’État dénonce un « acharnement » politique dont il dit être victime depuis 2019. S’exprimant sur la situation sécuritaire, il met en garde contre une possible « soudanisation » de la RDC, estimant que « des points communs existent avec ce qui a conduit à l’implosion du Soudan ». Par ces propos, Joseph Kabila alerte sur les risques d’aggravation de la crise et appelle à une prise de conscience nationale face à la dégradation de la situation.
Par ailleurs, il formule de vives critiques contre le pouvoir en place, qu’il accuse de « dictature » et de « dérive autoritaire ». Appelant à la mobilisation citoyenne, il se réfère à l’article 64 de la Constitution pour encourager les Congolais à « faire échec » à toute gouvernance qu’il juge contraire à la loi fondamentale. Il interpelle également la Belgique sur son rôle, estimant qu’elle « doit se ressaisir », tout en saluant l’intérêt de la justice belge pour certaines situations liées à la RDC. Une sortie médiatique qui ravive le débat sur son rôle et ses ambitions dans le paysage politique congolais.
Obed Vitangi depuis Lubumbashi