Appréciation du franc congolais, soulagement ou perte ? : l’économiste Trésor Bondonga explique ce contraste
La récente baisse du taux de change du dollar face au franc congolais continue d’alimenter le débat dans les milieux économiques et sociaux. Si certains Congolais se réjouissent de la stabilisation du marché des changes, d’autres y voient une perte de pouvoir d’achat, selon leur position dans le circuit économique. De ce fait, le média echo.cd a consulté l’économiste Trésor Bondonga afin d’apporter un éclairage sur les effets contrastés de cette situation.
« Il faut comprendre qu’il existe deux variables essentielles pour évaluer le bien-être d’une population : le prix des biens et services, et le taux de change », explique Trésor Bondonga. Selon lui, l’appréciation du franc congolais témoigne d’une amélioration du niveau de vie, tandis qu’une hausse généralisée des prix traduit une détérioration, autrement dit l’inflation. Dans ce contexte, la Banque centrale du Congo (BCC) joue un rôle clé à travers différents instruments monétaires visant la stabilité du niveau général des prix.
« La BCC a injecté des devises étrangères pour stabiliser le taux de change et contenir l’inflation. Résultat : le taux d’inflation initialement prévu à 7,5 % pour octobre est descendu à 2,5 %, une évolution jugée positive. Cette maîtrise des prix se traduit par une amélioration relative du pouvoir d’achat pour les usagers du franc congolais, notamment les fonctionnaires et salariés payés en monnaie nationale.
Cependant, la situation n’est pas avantageuse pour tous. « Les expatriés ou les opérateurs économiques utilisant le dollar subissent une perte de pouvoir d’achat, car leur monnaie s’est dépréciée face au franc congolais », poursuit l’économiste. Une réalité également valable pour d’autres devises comme l’euro ou le yen chinois. Selon Trésor Bondonga, cette disparité met en lumière la dépendance des économies étrangères aux politiques monétaires de leurs pays respectifs : « Pour qu’il y ait réajustement, il faudrait que les États détenteurs de ces monnaies réagissent à travers leurs propres politiques économiques, ce qui n’est pas toujours évident. »
Ainsi, l’appréciation du franc congolais s’avère à double tranchant : bénéfique pour les ménages locaux payés en monnaie nationale, mais préjudiciable pour les acteurs opérant en devises étrangères. Un équilibre fragile que la Banque centrale devra continuer à surveiller pour maintenir la stabilité économique nationale.
Exaucé Lompema