• Publié le 10 Mars 2025
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Agression rwandaise - Éveil patriotique : “ S'ils veulent de bons citoyens, ils doivent d’abord être de bons dirigeants ”, Fanelie Riziki interpellant les autorités

A LA UNE

À l'occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, le 08 mars de chaque année, l'entrepreneure, modératrice, traductrice, et Directrice générale de "FARIZ AFFAIRS", Fanelie Riziki, s'est confiée à ECHO.CD pour expliquer ce que représentent, selon elle, les droits des femmes en République Démocratique du Congo. Elle a également abordé le rôle des autorités dans l'épanouissement de la jeunesse et l'éveil patriotique, surtout en cette période d'agression Rwandaise.

ECHO.CD : Aujourd'hui, le monde célèbre la journée internationale des droits de la femme. Au niveau national, le thème est : " Femmes et filles au centre des ambitions". Comment l'expliquez-vous ?

Fanelia Riziki : “ Je pense que l'ambition n'a pas de genre, et l'intelligence non plus. Les femmes devraient de plus en plus s'engager dans des domaines dynamiques, comme l'entrepreneuriat, ou d'autres secteurs auxquels elles n'osaient pas accéder à cause des discriminations liées au genre. Les femmes ont longtemps subi des discriminations, et ce fléau est encore présent aujourd'hui. Je pense que les femmes doivent garder la tête haute et surtout persévérer. Dans un monde patriarcal, il y a des messages qui nous font croire que nous ne pouvons pas faire certaines choses. La société a créé des stéréotypes qui assignent des rôles à chaque genre. Les femmes congolaises doivent briser ces stéréotypes qui les empêchent d'avancer, comme tout être humain. Elles doivent s'ouvrir aux opportunités, et cela passe par la formation ”.

ECHO.CD : Comment pensez-vous que la gente féminine peut y parvenir ?

Fanelia Riziki : “ La gente féminine peut y parvenir si elle se croit capable. Je trouve le féminisme judicieux. À l'époque, les femmes étaient soumises à des règles dictées par le patriarcat. Je pense qu'il y a eu des évolutions, même au Congo, mais il reste encore beaucoup de travail à faire sur les mentalités. Nos traditions, dogmes et la mentalité congolaise en général influencent encore la perception de la femme, souvent de manière péjorative. Les femmes doivent apprendre à se faire confiance. On découvre ses compétences et ses talents par la formation, l'éducation et la discipline “.

ECHO.CD : Nous constatons que la plupart des filles s'adonnent plus aux futilités qu'à des priorités dans différents milieux : universités, ecclésiastique... Comment peuvent-elles jouer un rôle prépondérant dans le développement du pays ?

Fanelia Riziki : “ Il faut savoir que le Congo est en général sous le seuil de la pauvreté, et la précarité entraîne souvent des vices. Il n'est donc pas surprenant que de nombreux jeunes se laissent aller à l'abrutissement. Les questions à se poser sont : que fait le gouvernement pour les jeunes femmes sur le plan professionnel, éducatif et social pour qu'elles aspirent à un avenir prometteur ? Quand on naît dans un pays pauvre, issu de familles pauvres, on est exposé à des vices. Pour que les jeunes jouent un rôle prépondérant dans le développement du pays, il faut qu'ils se forment. S'ils n'ont pas accès à l'éducation, et si les dirigeants ne représentent pas ces valeurs, cela restera un cercle vicieux. Nos dirigeants doivent comprendre la réalité de la jeunesse et du pays “ .

ECHO.CD : La région du Kivu est marquée par l'agression rwandaise. Quelle attitude conseilleriez-vous à vos congénères pour jouer des rôles clés dans la pacification du pays ?

Fanelia Riziki : “ Aujourd'hui, on invite les jeunes à rejoindre l'armée, mais quand ils se plaignent du manque d'opportunités, on ne les écoute pas. Nos dirigeants, qui ont été élus par nous, ne répondent pas à nos exigences. La jeunesse est dans la précarité, et il est difficile d'entreprendre ici. Le taux de chômage est très élevé, et beaucoup de jeunes n'ont pas accès à l'éducation. Nos plaintes ne sont pas entendues. On nous invite à rejoindre l'armée pour donner l'impression que nous sommes une nation organisée, mais cela ressemble à une manipulation. Le peuple congolais n'est pas redevable à nos autorités ; c'est à elles de prendre de bonnes décisions pour le pays. Aujourd'hui, certains pensent que Madame Thérèse est une bonne dirigeante, mais nous ne sommes pas assez exigeants envers nos dirigeants. Il suffit qu'une personne se montre bien par ses discours pour qu'on soit séduits avec facilité, alors que nous continuons à souffrir. Sur le plan diplomatique, nous ne gagnons rien. Si on n'était entrain de gagner notre armée devrait recevoir les outils nécessaires pour combattre face à l'ennemi, notre pays est à terre, c'est pourquoi l'ennemi a eu cette facilité à nous neutraliser. Franchement dans cette guerre il y a rien qui nous rend fière. Quand on est dirigeants on doit savoir prévoyant, il est triste de n'est pas prévenir, manqué l'organisation, pour qu'au final appeler la population à rejoindre l'armée, c'est qui est une forme de manipulation "

ECHO.CD : Quelle culture et quelles habitudes doivent avoir toutes les filles présentes sur les réseaux sociaux pour s'impliquer dans le front médiatique ?

Fanelia Riziki : “ Je pense que les Congolais souffrent d'une crise identitaire. Si les dirigeants veulent que les jeunes se lèvent, ils doivent commencer par donner l'exemple. Ils ne peuvent pas demander des choses qu'ils ne font pas eux-mêmes. C'est de la manipulation. S'ils veulent de bons citoyens, ils doivent être de bons dirigeants. La précarité entraîne toujours des vices. Les gens rêvent de quitter le pays pour fuir la souffrance. Un tel peuple ne peut pas se réapproprier son identité. Il y a une faille culturelle à combler. Il est essentiel que les Congolais réapprennent leur histoire et se forment “ .

Interview réalisée Par Henock Kalala